Affichage des articles dont le libellé est PSG. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est PSG. Afficher tous les articles

jeudi 5 mars 2009

COCO ULTRA

Dimanche, jour saint, la bouche du métro déverse son flot de pèlerins rouges et bleus. La foule converge d'un pas assuré vers le temple sacré du football. Les regards sont solennels, la tension est palpable, les paroles se font rares et au loin, le grondement sourd et mystique des tambours émanant des travées du parc des princes lance un ultime appel à la prière. Les 40000 fidèles prennent place dans les tribunes et entament leur psalmodie.

Notre club qui es au sommet de la L1,
que ton nom soit sanctifié,
que ta passe soit millimétrée,
que ton dribble soit chaloupé,
que ton règne vienne,
que la ligue des champions soit au bout de la saison.
Donne-nous aujourd'hui notre victoire de ce jour.
Pardonne-nous nos sifflets,
comme nous te pardonnons aussi tout ces tirs non cadrés.
Et ne nous soumets pas à la pression,
mais délivre nous de la relégation.
Enculé !

Partout, des cierges rouges illuminent puis enfument les tribunes. Au fur et à mesure que la fumée se dissipe, elle laisse apparaître les 11 disciples tous de shorts vêtus, muscles saillants et torses bombés, foulant la pelouse fertile du stade. Le ton solennel laisse alors place à des scènes de liesses exacerbant les chants des supporters tandis que le mégaphone sur pattes exhorte la foule à s'égosiller encore plus fort. ICI C'EST PARIS ! Est-il besoin de le rappeler ? Oui, il est besoin, car à chaque match, des belligérants aux croyances douteuses investissent la tribune visiteurs et provoquent les fidèles parisiens en brandissant leurs étendards aux couleurs criardes.

De tout temps, les croyances ont engendré des guerres cruelles et sans merci. Les manuels d'histoire annoncent la fin de ces conflits en France en 1787... l'Equipe continue pourtant encore aujourd'hui à relater les conflits qui opposent le nord au sud, le bleu marine au bleu ciel, les princes aux cyclistes, les St-Germains aux Olympiens. La guerre froide fait rage, et les fidèles parisiens tentent d'exorciser non sans courtoisie les impies marseillais sous l'emprise du Malin en prononçant les paroles dictées par le Divin : "Canebiera madre fornicare".

La ferveur communicative envahit les kops et les virages jusqu'à la 45ème minute où vient le moment de la communion. L'homme sandwich prend alors les barquettes de frites ; et, après avoir rendu grâces, les donne aux supporters, en disant : Prenez, mangez, ceci est mon corps. Il prend ensuite les packs de 1664 ; et, après avoir rendu grâces, il leur donne, en disant : Buvez-en tous ; car ceci est mon sang, le sang de l’alliance.

Au retour des vestiaires, et selon le résultat au tableau d'affichage, la tension fluctue. Après avoir entendu les sages paroles du prophète Le Guen, les disciples reviennent plus déterminés que jamais et se donnent jusqu'au bout de leurs forces poussés par les chants des supporters. Lorsqu'au coup de sifflet final, le PSG s'impose, la foule laisse exploser sa joie, l'exaltation est intense et envahit le cœur de chacun. Hommes et femmes, mineurs et majeurs, chômeurs dynamiques et cadres en fin de droit, bobeaufs et racailles, alcooliques repentis et fumeurs de gitanes, seuls ou en meute, Auteuil et Boulogne, policiers ripoux et délinquants honnêtes, qu'elle soit bonne ou mauvaise, les supporters ont la foi, l'essentiel est là.

Alléluia !


Partager